LES PLANTES
Il est temps d'explorer
Aventure botanique au Japon - Partages de notre voyage
đŸ La place des plantes est-elle diffĂ©rente dans dâautres pays ? Quâen est-il au Japon ? Quelle relation les japonais ont-ils avec les plantes ? Comment la plante y est reprĂ©sentĂ©e ? Nous avons Ă©tĂ© invitĂ©s au Japon par Tomonori Kawano, professeur japonais de lâUniversitĂ© de Kitakyushu. Dans cet Ă©pisode, on vous raconte ce qu'on a pu y voir ! đ±
PODCASTDOCUMENTAIRE
Dans cet épisode, nous partageons ce que nous avons pu voir des plantes au Japon à tous les niveaux :
Notamment leurs omniprésences et la relation entre elles et la culture nipponne


Lâenvie de faire cet Ă©pisode est nĂ©e au Japon en novembre 2023. LĂ oĂč nous avons eu le plaisir de prĂ©senter nos travaux et dây faire des recherches. Nous avons Ă©tĂ© invitĂ©s par un professeur japonais de lâUniversitĂ© de Kitakyushu : Tomonori Kawano. Entre lui et lâĂ©quipe dans laquelle nous travaillons existe une collaboration de longue date.
Le thĂšme de ses recherches est vaste : entre biologie chimique, bio-ingĂ©nierie, biologie environnementale, biologie cellulaire et biochimie des plantes, des microbes et parfois des poissons. Tomonori nous a donc invitĂ©s dans son universitĂ© afin dây prĂ©senter nos recherches mais aussi dâen rĂ©aliser quelques unes lĂ bas dans le cadre de la thĂšse de Lucia.
Pour en savoir plus :
PONS Philippe, « Japon : un attachement sélectif à la nature », dans : Dominique Bourg éd., Les Sentiments de la nature. Paris, La Découverte, « Cahiers libres », 1993, p. 31-46. DOI : 10.3917/dec.bourg.1993.01.0031.
Filoche, B. (2018). Mon beau Japon. Hegel, 4, 307-317. https://doi-org.ezproxy.u-paris.fr/10.4267/2042/68988
Jardins japonais : voie entre culture et nature pour une conscience écologique


USA Shrine, Sanctuaire Shintoïste du 8e siÚcle. Préfecture d'Oita, Japon
En se baladant dans les rues nous avons remarquĂ© que les bouches dâĂ©gouts Ă©taient toutes sculptĂ©es ou gravĂ©es de motifs, et en particulier, voire en majoritĂ© de vĂ©gĂ©taux. En rĂ©alitĂ©, il se trouve que cette pratique est un vĂ©ritable art et chaque ville du Japon a pour tradition de dĂ©corer ces plaques d'Ă©gout aux motifs des spĂ©cificitĂ©s locales ce qui en fait maintenant une vĂ©ritable attraction touristique. Et donc Ă Kitakyushu, nous avons vu des fleurs de cĂ©risier, des glands de chĂȘneâŠ
Sans oublier un pokĂ©mon ⊠pour lâanecdote.
Nous sommes donc parties ensemble pour une semaine (Delphine) et un mois (Lucia) dâimmersion Ă Kitakyushu sur lâĂźle de kyushu, la plus au sud de lâarchipel.
AprĂšs 12h de vol depuis Paris, nous voyons au loin par le hublot le mont Fuji au sommet enneigĂ© : nous y sommes. Quelques heures d'attente et nous reprenons un vol vers Fukuoka. Accueilli par Tomonori Kawano et Nakako, son Ă©pouse. Nous rejoignons Kitakyushu, le dĂ©paysement est lĂ et les dĂ©couvertes commencent âŠ
Alors, quâen est il des plantes au Japon ?
LĂ bas, la plante se dit âShokubutsuâ ou encore âPurantoâ ou âUekibachiâ (plante en pot plutĂŽt) ou bien âkojo"
En arrivant au Japon, nous avons naturellement changé nos euros en Yen. Pour précision, 1 euro équivaut à peu prÚs à 160 yens. Au Japon, il est normal de payer en espÚces la plupart du temps. Il y a 4 sortes de billets et 6 piÚces différentes.
VoilĂ une de nos premiĂšres remarques : sur toutes les piĂšces nous pouvons voir des motifs de plantes. Sur la piĂšce dâ1 yen : un jeune arbre ; un plan de riz et des plantules sur le 2 yen ; des feuillages persistants sur celle de 10 yens ; des chrysanthĂšmes pour la 50 ; des fleurs de cerisier pour celle de 100 yens et sur la piĂšce de 500, est dessinĂ© un paulownia , un bambou et un mandarinier.








Les billets ne sont pas en reste, sur le billet de 1000 yens on retrouve les fleurs de cerisier, sur celui de 5000 yens apparaĂźt une peinture dâIris de Korin Ogata (dĂ©but 18e)
La monnaie Japonaise




En tout cas , nous avons adorĂ© voyager au Japon et dĂ©couvrir leur culture. On espĂšre vous avoir transmis un morceau de ce quâon a pu voir de lĂ bas dans cet Ă©pisode.
En attendant, Restez pas planté là !
L'environnement en ville


Fleur de cerisier, "Sakura".
Mainichi Shimbun
En tout cas, ces deux observations amorcent bien lâidĂ©e que les plantes sont omniprĂ©sentes au JaponâŠ
Dâailleurs, il existe un quotidien Japonais : un journal papier de presse national, qui est imprimĂ© sur du papier contenant des graines. Ce journal peut donc ĂȘtre littĂ©ralement plantĂ©/semĂ©. Des plantes poussent de cet objet. Ce qui fait quâil nâest plus un dĂ©chet mais est devenu un support de biodiversitĂ©. Le concept sâappelle green newspaper.
Ce quotidien se nomme Mainichi Shimbun, et est Ă©coulĂ© Ă plus de 5,6 millions dâexemplaires par jour !

Relation culturelle au vivant
L'exemple du blob
Dans cette culture, sâinspirer du vivant, et comparer les stratĂ©gies entre, nâest pas un problĂšme, bien au contraire. Toshiyuki Nakagaki, un chercheur de lâuniversitĂ© de Hokkaido, a Ă©tudiĂ© la capacitĂ© de former des rĂ©seaux du blob, appelĂ© scientifiquement âphysarum polycephalumâ. Le blob, câest un organisme unicellulaire (une seule cellule), jaune, qui vit principalement dans les forĂȘts (attention : ce nâest pas une plante, ni un champignon). Cet organisme nâa ni neurone, ni cerveau. Et pourtant, il est dotĂ©, entre autres, dâune capacitĂ© Ă former des rĂ©seaux trĂšs performants.
Je vais vous parler de lâexpĂ©rience du mĂ©tro de Tokyo. Alors, quâest ce que le blob a Ă voir avec le mĂ©tro de Tokyo ? On a posĂ© le blob sur une carte qui reprĂ©sente le Japon. Celui-ci se nourrit de flocons dâavoine, il avance vers. Enfin, il se nourrit plus prĂ©cisĂ©ment des bactĂ©ries prĂ©sentes dessus. Donc, le blob est au centre de la carte et les flocons dâavoines ont Ă©tĂ© disposĂ©s Ă l'emplacement des villes, et le blob Ă Ă©tĂ© mis Ă lâemplacement de Tokyo. Il nây a plus quâĂ attendre : le blob va crĂ©er un rĂ©seau : il sâĂ©tend et rejoint ses sources de nourritures de la façon la plus efficace. Ensuite, ses âtrajetsâ ont Ă©tĂ© comparĂ©s avec la carte du rĂ©seau ferroviaire japonais. Figurez vous que celui du blob Ă©tait plus performant !


TIM TIM / WIKIPEDIA
La vie interdépendante
En effet, il y a une diffĂ©rence de perception du vivant au Japon. Et celle-ci pourrait ĂȘtre due Ă une conception de la vie comme interdĂ©pendante. InterdĂ©pendance = Le fait de vivre avec. Entres espĂšces. En contradiction avec la vision anthropocentrique : la pyramide oĂč lâhomme est supĂ©rieur : en haut, dessous les animaux, et les plantes encore plus bas.
Cette notion dâinterdĂ©pendance parle d'elle-mĂȘme : la dĂ©pendance des uns des autres, sans hiĂ©rarchie.
En comparaison, dans la tradition occidentale, lâhomme va avoir tendance Ă soumettre les forces de la nature. Tandis que les traditions religieuses et esthĂ©tiques japonaises mettent lâaccent sur la symbiose entre vie humaine et environnement naturel, sur lâunitĂ© de la vie. (Pons. 1993)
Cette vision dâinterdĂ©pendance a sĂ»rement un lien avec la culture japonaise qui est imprĂ©gnĂ©e du shintoĂŻsme et du bouddhisme.
Deux religions polythéistes qui sont, nous allons le voir, complémentaires.




Le shintoĂŻsme
Le shintoĂŻsme est une religion, elle est trĂšs prĂ©sente culturellement au Japon : câest la plus ancienne. Celle-ci ne repose pas sur des Ă©crits contrairement aux autres, mais sur des idĂ©es qui se perpĂ©tuent oralement. Il nây a pas de texte. Les trois idĂ©es principales sont :
- Préserver la nature, la respecter.
- Vivre avec les ancĂȘtres, les racines
- Le trésor de la communauté, la coopération.
Et le sanctuaire est au centre de la communautĂ©. De nombreuses cĂ©rĂ©monies sont organisĂ©es, pour les animaux, les objets, les plantes etcâŠ
Dans un ouvrage intitulĂ© Les Sentiments de la nature, sous la direction de Dominique Bourg, Philippe Pons Ă©crit que : Dans la mythologie nippone, lâhomme et la nature sont en communion. Et finalement, le shintoĂŻsme, fait de lâhomme un des Ă©lĂ©ments du monde naturel : son rĂŽle est moins de combattre les forces de la nature mais plutĂŽt de vivre en harmonie avec elles. Lâapproche de la nature du shintoĂŻsme est diffĂ©rente de celle que l'on peut trouver dans le christianisme depuis le Moyen Age par exemple. Pour les japonais, ce nâest pas parce que câest âdivinâ que ce nâest pas naturel et inversement : il nây a pas de distinction radicale entre les deux. Dâailleurs, on retrouve dans le panthĂ©on des divinitĂ©s shintoiques autant dâĂȘtre humains que dâĂ©lĂ©ments naturels (montagnes, soleil, arbres etc). La nature est vue comme une continuitĂ© : elle est partout. Il nây a pas dâopposition entre lâhumain et la nature, dĂ» Ă la relation symbiotique. Dans les textes anciens on peut apercevoir un sentiment de coexistence.
Le shintoĂŻsme peut aussi ĂȘtre dĂ©crit comme Ă©tant âla croyance en un lien unissant lâhomme Ă des forces qui le dĂ©passent, et auxquelles il vaut mieux sâidentifier.â
Composition de cette religion : On parle de divinitĂ©s/esprits, de âkamisâ. Ils sont innombrables et vĂ©nĂ©rĂ©s. La plupart du temps, ce sont des Ă©lĂ©ments de la nature, des animaux ou des forces crĂ©atrices (cf wikipedia Kami). Le torii est le portique rouge qui marque lâentrĂ©e vers la nature sacrĂ©e. On le voit souvent reprĂ©sentatif du Japon. Concernant le sanctuaire shinto lui-mĂȘme en soit il est interdit dâaccĂšs. Il sâagit de la demeure du kami, et il nâest pas possible dây pĂ©nĂ©trer. Quand il est question de venir prier cela se passe de lâextĂ©rieur, par le biais dâoffrandes, de processions et de fĂȘtes.
Cette religion donc, nâa ni thĂ©ologie, ni clergĂ©, elle repose sur des idĂ©es, il nây a pas dâĂ©crit. Certain lâappel âreligion de la natureâ : câest la nature toute entiĂšre qui est un temple. Bernard Filoche Ă©crit que âLes divinitĂ©s shinto sont partout chez elles, Ă tel point que quand on creuse les fondations dâun bĂątiment, on invoque les kamis du lieu pour apaiser leur susceptibilitĂ© ! Le shinto est lâaffaire de tous, et le sacrĂ© est diffus. Alors quâen Occident, le sacrĂ© est concentrĂ© dans un espace spĂ©cifiquement dĂ©diĂ© : Ă©glise, temple, synagogue, ou mosquĂ©e.â




Le Bouddhisme
Avant dâarriver au Japon, cette religion, originaire dâInde est passĂ©e par la Chine, et câest de lĂ que s'est fait la transmission vers le Japon.
Les notions dâimpermanence, et dâinterdĂ©pendance du bouddhisme se sont intĂ©grĂ©es facilement au fond animiste du ShintoĂŻsme. (Animisme = Il sâagit de la croyance en un esprit, qui va animer les ĂȘtres vivants, les objets ainsi que les Ă©lĂ©ments naturels (les pierres, le vent)
Ce mĂ©lange entre Bouddhisme et ShintoĂŻsme est basĂ© sur une mĂȘme symbiose/communion avec la nature. Ces deux religions partagent notamment le fait dâĂȘtre polythĂ©iste.
Bernard Filoche, un docteur ayant adoptĂ© le bouddhisme Ă©crit que âles Japonais gardent un sens aigu du sacrĂ©, et leurs divinitĂ©s les aident Ă vivre bien plus Ă vivre quâĂ mourir, « Le Japonais naĂźt shintoĂŻste, et meurt bouddhiste ». Les rituels de naissance, et jusquâau mariage, se dĂ©roulent dans des sanctuaires shinto, pour ĂȘtre protĂ©gĂ©s par les kamis. Les cĂ©rĂ©monies funĂ©raires, dans des temples bouddhistes : le dĂ©pouillement est propice au passage.â
Pour ajouter mon retour dâexpĂ©rience la bas, câest vrai quâau cours de discussion avec des chercheurs, nous avons pu Ă©changer sur leurs perceptions du vivant : tout a un âespritâ, et ce nâest pas un problĂšme. Dâailleurs il nây a pas de sĂ©paration entre religion et science. Ătre religieux nâenlĂšve rien Ă la rigueur scientifique.
L'art du bonsaĂŻ
Comment parler du Japon et des plantes sans parler de lâart du bonsaĂŻ ? En rĂ©alitĂ©, les bonsaĂŻs sont apparus dans un premier temps en Chine il y a plus d'un millier d'annĂ©es, sous le nom de pun-saĂŻ, oĂč l'on cultivait des spĂ©cimens d'arbres uniques dans des pots. Ces premiers pun-saĂŻ avaient un feuillage clairsemĂ© et des troncs rugueux et noueux, imitant souvent des animaux, des dragons et des oiseaux.
Le bonsaï a été introduit au Japon pendant la période Kamakura (1185 - 1333) par le biais du bouddhisme zen, et du fait de l'adoption par le Japon de nombreuses références culturelles de la Chine. C'est seulement vers 1887 que la technique du bonsaï moderne a été mise au point.
Dans un article de 2008, Katarzyna Pietraszko et Jerzy Sobota Ă©voquent lâart de la miniaturisation organique donc lâart du bonsaĂŻ en particulier, comme un art combinant la philosophie, la peinture, la sculpture, lâarchitecture, le design et le jardinage. On touche du doigt la complexitĂ© qui se cache derriĂšre lâart du bonsaĂŻ qui en fait une discipline Ă part entiĂšre.
Selon cet art, le bonsaĂŻ est le reflet de la recherche de la forme et de lâessence parfaites. Il est inspirĂ© des arbres qui poussent dans la nature. Il existe des classification qui dĂ©finissent ces formes taillĂ©es, ces essences, de lâorigine de lâespĂšce. Le bonsaĂŻ pourrait se dĂ©finir donc comme une forme que lâon donne Ă un arbre pour reprĂ©senter sa nature. Pour cela, de nombreuses tailles et orientations contraintes de la croissance du vĂ©gĂ©tal sont exercĂ©es. Le pot utilisĂ© a Ă©galement son importance et une forme de pot doit ĂȘtre associĂ©e Ă une forme de bonsaĂŻ particulier.




L'art Ikebana
Il existe dâautres art comme celui ci et maintenant jâaimerai vous parler dâun qui regroupe art japonais et nature : L'ikebana, connu aussi sous le nom de kadĆ Â« la voie des fleurs » ou « l'art de faire vivre les fleurs ». Câest un art traditionnel japonais fondĂ© sur la composition florale.
Cette arrangement floral est loin de lâarrangements floraux dont nous avons lâhabitude en Occident. Il est créé avec harmonie. Le soin est particuliĂšrement mis sur la construction linĂ©aire, les couleurs ainsi que le rythme. Dans cet art, pas dâaccumulation ni de focus sur les couleurs ou la beautĂ© des fleurs. Lâattention est portĂ©e sur lâaspect linĂ©aire de lâarrangement. Tout compte : le vase, les feuilles ainsi que les tiges et les branches - et ce, au mĂȘme titre que la fleur en elle-mĂȘme !
Il y a trois piliers pour lâarrangement : asymĂ©trie, profondeur et espace, passant par trois symboles : le ciel, la terre et lâhumanitĂ©.
Cet art floral quâest lâIkebana unit lâHomme au ciel en passant par la nature. Il est dâailleurs considĂ©rĂ© comme une Ćuvre « vivante ».
Les arts en lien avec la nature
Dans les jardins
Lâart floral est fortement prĂ©sent au Japon. On peut le voir dans les jardins aussi. Tailler les arbres se fait partout que ce soit, dans les lieux publics et privĂ©s. Beaucoup de signification sâapproprient ce geste de tailler les arbres, et pour les japonais câest plutĂŽt, rendre encore plus belle la nature, et montrer le temps qui sâĂ©coule.
Normalement son associĂ© Ă ces mots l'image des arbres taillĂ©s prĂ©sent dans les jardins japonais, qui ressemble un petit peu Ă des nuages : câest le niwaki.
On taille les branches de lâarbre pour en faire des plateaux, pour lui donner cette vĂ©ritable forme de nuage : qui donnera lâimpression dâavoir encore plus vĂ©cu. Le jardinier reprĂ©sente celui qui va sculpter les arbres : les mettant chacun en lumiĂšre et leur faisant prendre quelques annĂ©es.
Dans un jardin, on trouve des plantes mais aussi des chemins. Benoit Jacquet, chercheur et architecte, en parle bien. Au Japon, le chemin peut reprĂ©senter âun moyen de dĂ©couverte et de connaissance du mondeâ. Les jardins japonais peuvent ĂȘtre conçus comme un lien entre les espaces humains et non-humains : Un endroit oĂč on lie nature et homme.


Les plantes lĂ bas
Je crois quâil serait difficile de faire un Ă©pisode sur les plantes au Japon sans parler de celles ci :
Les plantes typiques associĂ©es au Japon, en terme dâespĂšces sont le cerisier japonais (Prunus serrulata) avec sa floraison bien connue, rose : quâon appelle sakura.
Il y a aussi le Ginkgo Biloba, lâarbre aux 40 Ă©cus dont les feuilles en Ă©ventail vertes deviennent dorĂ©es Ă lâautomne ; on en a dâailleurs souvent vu dans les temples, trĂšs grands et majestueux.
Les pruniers (Prunus salicina) Ă©galement dont les fleurs tirent plutĂŽt vers le rouge corail mais aussi les bambous (Bambusa species) qui, on peut lâobserver, forment de vĂ©ritables forĂȘts.
Dans les jardins on rencontre Ă©galement frĂ©quemment des plaqueminiers (Diospyros kaki), lâarbre qui porte les kakis, ces fameux fruits qui mĂ»rissent en novembre/dĂ©cembre, originaires dâasie. Et bien sĂ»r les Ă©rables du japon, Acer japonicum, dont les feuillages rougeoyants nous ravissent les yeux Ă lâautomne.
Pour en revenir au kaki, les chercheurs.euses en biologie vĂ©gĂ©tale au japon Ă©tudient Ă©normĂ©ment cette plante soit pour en remarquer les atouts en termes de vitamines, antioxydants etc ⊠ou dans le but dâamĂ©liorer la productivitĂ©. Le Japon est lâun des premiers producteurs mondiaux de ce fruit. Il est consommĂ© cru, cuit, sĂ©chĂ©, en huile ⊠Câest un fruit qui est vraiment rentabilisĂ© et il est Ă©galement utilisĂ© en cosmĂ©tique.




Et pour ceux qui lisent le Japonais, Tomonori Kawano, le professeur qui nous a invitĂ© au Japon, a Ă©crit un livre sur les usages et traditions des plantes dans son pays. Il est illustrĂ© et magnifique. Dâailleurs, il a trouvĂ© plusieurs illustrations dans des livres anciens français.
Festivals : lâannĂ©e rythmĂ©e par les saisons et les plantes associĂ©es
Garance Barbier, une Ă©tudiante que nous avons eu pour son stage de M1 a rĂ©alisĂ© un mĂ©moire trĂšs riche sur les humains et les plantes en Asie. Dont le Japon. Dans ce mĂ©moire, elle parle des festivals qui rythment lâannĂ©e en fonction des saisons. Souvent, un vĂ©gĂ©tal est mis en avant lors de ces festivals. Il reflĂšte le moment de la saison.
Par exemple, le Nouvel An met en avant le pin. Le 3 mars câest la fĂȘte des filles, avec la pĂȘche (le fruit) et les poupĂ©es qui le reprĂ©sente. Le 5 mai câest le jour de la fĂȘte des garçons, avec lâiris et les carpes. La pĂȘche et lâiris reprĂ©sentant les organes gĂ©nitaux. Le 7 juillet câest la fĂȘte du Tanabata qui est cĂ©lĂ©brĂ©e, câest une fĂȘte des Ă©toiles oĂč le bambou est utilisĂ© en poteau de dĂ©coration auquel on attache des papiers colorĂ©s. En automne, le festival des chrysanthĂšmes est symbolisĂ© par la floraison de ces fleurs au dĂ©but de lâhiver.
Dâailleurs, il y a 72 micro saisons au Japon ! Et câest toujours trĂšs inspirĂ© de la nature
Le calendrier des «72 saisons» hĂ©ritĂ©es de la Chine ancienne tĂ©moigne d'un lien Ă©troit avec les cycles de la nature que les Japonais aspirent aujourd'hui Ă restaurer. Pour vous donner un exemple : câest donc "72 saisons" de cinq jours liĂ©es aux Ă©volutions de la nature, du 15 janvier â 19 janvier : les faisans commencent Ă chanter. 14 fĂ©vrier â 18 fĂ©vrier : dans les riviĂšres en dĂ©gel, les poissons rĂ©apparaissent. 24 fĂ©vrier â 28 / 29 fĂ©vrier : premiĂšres nappes de brouillardâŠ
Traditions et mythes
Nous avons visitĂ© quelques sanctuaires shintoĂŻstes. Ces temples sont toujours constituĂ©s dâun hĂŽtel dans un bĂątiment plus ou moins grand mais surtout, il y a toujours des arbres Ă proximitĂ©. Et pas nĂ©cessairement par esthĂ©tisme mais puisque lâon pense quâils sont habitĂ©s par un kami, c'est-Ă -dire une divinitĂ© des arbres. Ces arbres, nous lâavons vu, sont enroulĂ©s par une corde en paille de riz appelĂ©e Siri kĂŒme et utilisĂ©e pour les rites shinto. Garance le spĂ©cifie aussi dans son mĂ©moire.
Temple Bouddhiste, Kokura, Japon
Sanctuaire ShintoĂŻste, Fukuoka, Japon
Torii, Miyajima, Itsukushima Shrine
Arrangement Shoka composĂ© par le 40e directeur de l'Ă©cole Ikebono Senjo dessinĂ© par SĆka Hyakki de l'Ă©cole de peinture Shijo 1820
Jardin japonais, Kokura, Japon
Cerisier (Prunus serrulata)
Ginko Biloba de plus de 1000 ans






