LES PLANTES

Il est temps d'explorer

L’odeur des plantes : dit moi ce que tu sens, je te dirais qui tu attires

Pourquoi certaines plantes sentent-elles si bon ? đŸ€đŸ‘ƒđŸ»Quels rĂŽles jouent les odeurs et sont elles parfois moins bonnes voir inodores Ă  notre nez ? Les plantes communiquent-elles Ă  travers les odeurs qu'elles Ă©mettent ?

PODCASTDOCUMENTAIRE

12/25/202312 min read

Dans cet épisode, nous décryptons le rÎle des odeurs chez les plantes et leur diversité.

Tout cela nous en apprendra plus sur les intéractions des plantes avec leur environnement.

Nous avons toutes et tous Ă©tĂ© confrontĂ© Ă  une odeur dĂ©licate de rose dans un bouquet, une effluve qui nous envoute au dĂ©tour d’un chemin ou mĂȘme se surprendre Ă  froisser une feuille de menthe et d’en sentir ensuite le bout de ses doigts. Alors oui, on va s’intĂ©resser Ă  pourquoi les plantes sont odorantes car il se trouve qu’en plus de sentir bon Ă  notre nez, et d’ailleurs c’est parfois l’inverse, certains effluves servent aux plantes Ă  communiquer !

Pour en savoir plus :

pink roses bloom with water drops
pink roses bloom with water drops

Les composés organiques volatils (COV) sont les médiateurs de la pollinisation en particulier, en attirant les insectes vers les fleurs.

black and yellow bee on pink flower
black and yellow bee on pink flower

Ces odeurs des plantes douces à notre nez dont la rose, utilisée depuis longtemps pour ses vertus odorantes.

Un peu d'étymologie :

Le mot odeur provient du latin odor qui se rapporte au parfum. Au XIIe siĂšcle par exemple ; la dĂ©finition de l’acadĂ©mie française dĂ©crit “ la Sensation que produisent sur l’odorat de nombreuses substances d’origine animale, vĂ©gĂ©tale, minĂ©rale, ou des parfums synthĂ©tiques.”

L’odorat c’est le sens dĂ©fini par l’ĂȘtre humain qui perçoit les odeurs. Par ailleurs, le CNRTL dĂ©finit les odeurs comme une â€œĂ©manation propre Ă  un corps pouvant ĂȘtre perçue par l’homme ou par un ĂȘtre animĂ© grĂące Ă  des organes particuliers et avec des impressions diverses (agrĂ©ables, dĂ©sagrĂ©ables, indiffĂ©rentes)”.

Donc , pour résumer, les plantes émettent des COV qui, si nous les sentons avec notre odorat, sont des odeurs.

Le géraniol est une molécule odorante de la famille des terpénoïdes produite par les plantes de la famille des géraniaceae (les géraniums)

Bisrat, D., Jung, C., 2022. Roles of flower scent in bee–flower mediations: a review. J. Ecol. Environ. 46, 1–13. https://doi.org/10.5141/jee.21.00075

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Clémence Rose et al. Observations of biogenic ion-induced cluster formation in the atmosphere.Sci. Adv.4,eaar5218(2018).DOI:10.1126/sciadv.aar5218

Observations of biogenic ion-induced cluster formation in the atmosphere.Sci. Adv.4,eaar5218(2018).DOI:10.1126/sciadv.aar5218

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Spracklen, Dominick V, Boris Bonn, et Kenneth S Carslaw. « Boreal forests, aerosols and the impacts on clouds and climate ». Philosophical Transactions of the Royal Society A: Mathematical, Physical and Engineering Sciences 366, no 1885 (30 septembre 2008): 4613‑26. https://doi.org/10.1098/rsta.2008.0201.

En anglais :

Il faut savoir qu’il y a plusieurs types d’odeurs produites par les plantes, les odeurs qui proviennent des fleurs et celles provenant de la plante elle-mĂȘme (feuilles 
.etc). Ces odeurs peuvent ĂȘtre perceptibles par notre odorat ou ne pas l’ĂȘtre. C’est pourquoi en rĂ©alitĂ© les odeurs sont ce qu’on appelle des COV pour ComposĂ©s Organiques Volatiles.

Chez les plantes qui dit plantes Ă  fleurs, dit odeur et ceci depuis le crĂ©tacĂ© , soit il y a 120 millions d’annĂ©es oĂč l’association avec les abeilles pollinisatrices a dĂ©butĂ©. Cette association est bĂ©nĂ©fique Ă  l’une (Ă  la plante) puisqu’elle facilite la dispersion de ses graines et donc de la survie de l'espĂšce. Et Ă  l’autre (Ă  l’insecte), en lui apportant de la nourriture. Ce bĂ©nĂ©fice Ă  double branche est mĂ©diĂ© par les parfums des fleurs qui servent aux abeilles Ă  localiser les fleurs Ă©panouies, mais nous en parlerons plus en dĂ©tail Ă  la suite de cet Ă©pisode.


1- Fleurs odorantes pollinisateurs

Si on s’intĂ©resse pour commencer aux parfums des fleurs donc, il a Ă©tĂ© montrĂ© qu’une odeur de fleur peut ĂȘtre composĂ©e jusqu’à 1700 composĂ©s volatils diffĂ©rents , il s’agit donc d’un mĂ©lange complexe qui dĂ©pend Ă  la fois de l’ñge de la fleur, du gĂ©notype et de l’état de pollinisation de la fleur. Les pollinisateurs ont appris au fil du temps Ă  associer une composition odorante de fleur et une rĂ©compense alimentaire, associations qui sont parfois spĂ©cifiques entre un insecte et une plante particuliĂšre. Mais figurez vous qu’il y a aussi des odeurs qui sont rĂ©pulsives pour des insectes florivores, voire herbivores et protĂšgent ainsi les organes reproducteurs de la plante.

Ces odeurs ou COV font partie de familles de molécules plutÎt petites et donc volatiles ; par exemple les terpénoïdes qui sont produits de façon courante chez les plantes et qui font partie du métabolisme secondaire, c'est-à-dire non indispensable à la plante pour croßtre. Je suis sûre par exemple que vous avez déjà senti le géraniol, propre aux géraniums, un peu citronné.

D'autre part, chez les orchidĂ©es entre autres, c’est que les fleurs Ă©mettent une composition chimique identique Ă  celle des phĂ©romones sexuelles de l’abeille pollinisatrice femelles, et ainsi les mĂąles sont trompĂ©s et tentent de s'accoupler avec les fleurs, facilitant ainsi la pollinisation. Et il existe mĂȘme certaines orchidĂ©es qui font Ă©voluer leur Ă©mission de COV pour ne pas ĂȘtre visitĂ©es deux fois par un pollinisateur.

La deuxiĂšme grande catĂ©gorie de molĂ©cules participant aux odeurs Ă©mises par les plantes sont les benzĂ©noĂŻdes : la vanilline en fait partie par exemple (odeur de la vanille). Ces composĂ©s sont supposĂ©s ĂȘtre trĂšs utiles dans la pollinisation par des pollinisateurs nocturnes puisque la vue est moins utile mais aussi pour les attirer Ă  distance que se soit la nuit ou le jour.

Et la troisiĂšme catĂ©gorie et non des moindres se sont les acides gras volatiles que l’on peut trouver par exemple chez les fleurs tropicales qui produisent des huiles allĂ©chantes et attirent ainsi les pollinisateurs.

La vanilline est une molécule odorante benzénoïde produite par la vanille.

Il existe Ă©galement des fleurs qui vont Ă©mettre des odeurs nausĂ©abondes comme Amorphophallus titanum. Cette plante est la plus grande inflorescence non ramifiĂ©e au monde (2.5 m de hauteur). Elle a Ă©galement Ă©tĂ© surnommĂ©e la “plante cadavre” vous pouvez donc imaginer l’odeur qui s’en dĂ©gage. Et ceci dans le but, vous l’avez compris, d’attirer les insectes attirĂ©s normalement par les charognes comme les mouches ou les bousiers.

Il y a aussi les Rafflesia, c’est une famille de plantes qui produit des fleurs parmi les plus grandes Ă©galement et qui sont pollinisĂ©es aussi par des mouches charognardes, attirĂ©es par une odeur fĂ©tide de la fleur. Petit mĂ©lange de di et trisulfure de dimĂ©thyle qui correspondent aux odeurs de l’ail et du soufre. Leur systĂšme de pollinisation est d’ailleurs passionnant car la structure et les couleurs de la fleur mĂąle sont telles qu’elles vont guider les mouches pile poil lĂ  oĂč pourra se dĂ©poser le pollen en haut du thorax de la mouche et ainsi aller fĂ©conder la fleur femelle. Une fois sur la fleur femelle, elles sont obligĂ©es de passer Ă  travers un anneau Ă©troit, obligeant ainsi le pollen Ă  ĂȘtre projetĂ© sur les stigmates de la fleur pour la fĂ©conder.

Pour en revenir Ă  ses odeurs fĂ©tides, vous avez peut-ĂȘtre dĂ©jĂ  senti les ovules de Ginkgo Biloba (appelĂ© aussi Arbre aux quarante Ă©cus)? Cet arbre produit ce qui pourrait faire penser Ă  des fruits sont en fait les ovules de l’arbre femelle. Ces ovules ont une odeur de vomi (sympa) et pour lesquels on a montrĂ© qu’ils attiraient les charognards, des canidĂ©s principalement, qui vont ingĂ©rer le tout dans lequel se trouve une amande fĂ©condĂ©e ou non. Ils vont ensuite dĂ©fĂ©quer le tout et disperser comme ça les amandes qui donneront ou non des futurs arbres.

Oui car dans l’interview d’Hayat Bouteau, nous parlons “graines” et on a pu apprendre, figurez vous que certaines graines sont obligĂ©es de passer par un transit intestinal pour pouvoir par la suite germer.

Inflorescence d'Amorphophallus titanum., la "plante cadavre"

Fleur de Rafflesia.

Feuilles et ovules de Ginkgo Biloba

2 - Plantes aromatiques

Il n’y a pas que les fleurs qui Ă©mettent des odeurs et parfois il s’agit de la plante en entier ou d’une partie de la plante : les tiges, les feuilles 
etc. Ces plantes, on les connaĂźt souvent sous le nom d’herbes aromatiques ou d’épices pour les plantes dites utilitaires comme le romarin, l’origan, la cannelle, la lavande 
 et bien d’autres encore. Le plus souvent ces odeurs sont dues Ă  des molĂ©cules du type polyphĂ©nols ; c’est une famille de molĂ©cules, prĂ©sente dans le rĂšgne vĂ©gĂ©tal. Ça comprend des cycles que l’on dit “aromatiques”, et sont solubles dans l’eau.

Ces polyphĂ©nols sont trĂšs nombreux dans le rĂšgne vĂ©gĂ©tal et ont souvent des propriĂ©tĂ©s antimicrobiennes, antioxydantes, antifongiques et anti-inflammatoires, bref vous l’avez compris, cela explique pourquoi les plantes qui les produisent sont beaucoup utilisĂ©es par l’ĂȘtre humain et cela depuis 5000 ans.

Mais les plantes aromatiques possĂšdent Ă©galement d’autres composĂ©s odorants lipidiques (acides gras) qu’on appelle aussi huiles essentielles, sans surprise. Effectivement, nous extrayons les huiles essentielles des plantes et nous nous en servons pour diffĂ©rents usages. Les huiles essentielles, une fois extraites de ses plantes, sont concentrĂ©es en molĂ©cules antioxydantes, antifongiques 
 etc mais le revers de la mĂ©daille c’est que cette forte concentration peut s’avĂ©rer aussi cytotoxique, c’est Ă  dire toxique pour les cellules de notre corps. Attention alors Ă  leur utilisation qui doit ĂȘtre toujours rĂ©flĂ©chie.

Alors du point de vue de la plante, pourquoi produit-elle des arĂŽmes / huiles essentielles ? Et bien il a Ă©tĂ© montrĂ© que les HE attirent les ennemis d’herbivores et qu’elles jouent Ă©galement un rĂŽle dans l’attraction des pollinisateurs ou des dissĂ©minateurs de graines, un peu comme les COV des fleurs. Mais aussi dans les interactions de plantes Ă  plantes !

Polyphénol présent dans le romarin : le carnosol.

3- Odeurs qu’on ne sent pas et communication entre plantes
Plantes - plantes :

Les plantes sont vraiment surprenantes, on en apprend toujours. D’ailleurs, comme on a pu l'Ă©voquer au dĂ©but, elles Ă©mettent des odeurs que nous - humains ne percevons pas. On parle dans ces cas-lĂ  surtout de composĂ©s organiques volatils, et non d’odeur. MĂȘme si nous aussi nous Ă©mettons des COVs. Nous allons voir que par ses composĂ©es et d’autres, les plantes sont capables de modifier leurs environnements.

J’aimerais vous faire part d’un exemple. Il existe une plante parasite des plants de tomates. Cette plante, faisant partie des cuscutes, qui est une famille de plantes parasites, est petite, et n’a des rĂ©serves que pour pousser, elle doit trouver une plante sur laquelle s’accrocher pour pouvoir vivre. Lorsqu’on met cette plante parasite dans un pot en plein milieu et sur un cĂŽtĂ© un plant de tomate, on voit que la plante parasite va se diriger vers le plant de tomate. Mais comment sait-elle que l’autre plante est dans cette direction ? C’est parce que chaque plante a une signature olfactive spĂ©cifique. C’est comme ça que la plante parasite trouverait ses repĂšres. La cuscute peut Ă©galement diffĂ©rencier une plante saine d’une plante malade, elle n’ira pas ou que trĂšs peu sur la plante malade.

Le souci c’est qu’aujourd’hui nous ne sommes pas capables d’étudier directement dans les champs les COVs qui y sont Ă©mises : on le fait plutĂŽt petit Ă  petit en laboratoire. Peut-ĂȘtre qu’un jour nous saurons dĂ©chiffrer les Ă©changes qui ont lieu dans ce type de situation
 Ce qui est sĂ»r, c'est que les COVs Ă©mises par les plantes sont un champ de communication Ă  explorer.

Les thĂ©ories actuelles proposent que cette communication serait due Ă  des rĂ©cepteurs que les plantes auraient, qui percevaient les effluves lĂąchĂ©s par les plantes. Ces effluves proviennent de glandes odorantes prĂ©sentes sur les plantes. C’est comme des poches, on peut les voir au microscope Ă©lectronique. D’ailleurs en cherchant j’ai appris que celles de la lavande Ă©taient trĂšs grandes comparĂ© aux autres glandes : ce qui explique sa forte odeur. Donc, pour rĂ©sumer : les tomates ont une odeur spĂ©cifique (comme toutes les plantes), qui est diffusĂ©e grĂące Ă  des glandes sĂ©crĂ©trices prĂ©sentes sur les feuilles, la cuscute grĂące Ă  ces rĂ©cepteurs les reconnaĂźt et va donc pouvoir se diriger vers elle. En tout cas, la chercheuse biologiste qui explique cette expĂ©rience, parle de « sensibilitĂ© » des cuscutes. Cette expĂ©rience montre que les cuscutes sont capables de reconnaĂźtre les composĂ©s organiques volatiles de la tomate.

Cuscute en fleur entourant son hĂŽte..

Un autre exemple nous amĂšne en Afrique du Sud oĂč les antilopes Koudou raffolent des feuilles d’acacias. Pourtant, dĂšs lors que ces animaux sont Ă©levĂ©s dans un enclos rempli de ces arbres, ils vont tous mourir de faim. Ces observations sont lointaines, mais ce n’est plus un mystĂšre. Quand l’antilope va manger la feuille, la salive de celui-ci va entraĂźner chez la plante une rĂ©action : elle va sĂ©crĂ©ter du tanin. Ce qui va rendre ses feuilles indigestes. Mais ce n’est pas tout : l’acacia va alors produire une substance chimique, l’éthylĂšne, pour avertir ses voisins. Le signal chimique sera diffusĂ© dans l’air, ayant pour but de prĂ©venir les congĂ©nĂšres de la mĂȘme espĂšce et de se prĂ©parer Ă  une attaque Ă©ventuelle. L’animal contourne le problĂšme en remontant le vent pour manger les feuilles des acacias non-avertis, ce qu’il ne peut pas faire dans un enclos ! Il va mourir de faim. Cette expĂ©rience est pionniĂšre de ce thĂšme. Pourtant, cette Ă©tude reste discutĂ©e du fait de manque de donnĂ©es statistiques poussĂ©es. Mais Ă  partir de celle-ci en a dĂ©coulĂ© de nombreuses expĂ©riences, qui permettent de dire aujourd’hui que c’est possible.

Plantes - animaux :
  1. Ces COVs permettent aussi aux plantes de communiquer avec les animaux : comme on l’a vu au dĂ©but, lorsqu’une fleur est prĂȘte Ă  ĂȘtre pollinisĂ©e elle va envoyer des COVs qui auront pour message "venez manger mon nectar", d’ailleurs Francis HallĂ© le dit “le sens est trĂšs trĂšs clair, Viens, viens me voir, il y a quelque chose Ă  manger pour toi dans mes fleurs”. Les animaux vont les transporter et vont pouvoir permettre la pollinisation de plantes qui peut ĂȘtre Ă  des kilomĂštres. Une fois qu’elles sont pollinisĂ©es, les fruits sont verts et pas mĂ»rs : les messages envoyĂ©s sont de ne pas venir, les animaux se tiennent Ă  distance pendant cette pĂ©riode. Pour revenir une fois que les fruits seront mĂ»rs et qu’il faudra alors disperser les graines.

  2. Il y a donc des insectes qui sont utilisĂ©s par les plantes et qui les utilisent (d’ailleurs dans ces cas lĂ  on parle de relation symbiotique). Mais il y a aussi des insectes dit “ravageurs”.

  3. Pouvons nous utiliser les COV pour Ă©loigner ces insectes des plantes ? C’est aussi une des questions Ă©tudiĂ©e. À Avignon, des chercheurs Ă©tudient l'effet des COV par des plantes appelĂ©es plantes de service. Le but : ajouter des plantes qui expriment des COVs qui auront in fine comme impact de protĂ©ger les plantes du champ initial des pucerons. Ces COV sont essentiellement aromatiques et ont un effet sur le comportement et les performances des pucerons. Oui, ils ont montrĂ© que les COVs libĂ©rĂ© par ces “plantes de service” sont rĂ©pulsives pour le puceron et vont perturber son comportement alimentaire, diminuer sa fĂ©conditĂ© et aussi son dĂ©veloppement larvaire, et donc sa survie. Ils ont Ă©galement remarquĂ© que ce n’est pas dĂ©pendant d’un COV particulier mais bien de plusieurs COV ensemble : ils parlent de “bouquet olfactifs” spĂ©cifique. Toutefois, reproduire ces expĂ©riences en milieu ouvert est trĂšs compliquĂ©.

Pour conclure :

Les plantes sont capables de communiquer, mĂȘme si il y a 30 ans comme le disent certains botanistes, cette idĂ©e aurait Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme impossible. La science progresse, de nouvelles capacitĂ©s sont montrĂ©es, et celle-lĂ  nous tenait Ă  cƓur car elle illustre une sensibilitĂ© des plantes que trop peu connues. Immobiles certes, les plantes utilisent tout de mĂȘme la communication. C’est ici une communication chimique mais elle va leur permettre d'interagir entre elles, de s’adapter Ă  leur environnement et de survivre.